Le trompe-l’œil est l’une des plus anciennes techniques picturales. Son nom apparaît pour la première fois au Salon de Paris en 1800, mais le procédé remonte à la Grèce antique. Depuis une trentaine d’années, il connaît une seconde jeunesse dans la rue, notamment à travers le street art trompe l’oeil. En effet, de nombreux street artists investissent les façades ou les sols pour les transformer en terrains d’illusions. Chez PALM, cette tradition nous parle directement. Faire de l’art partout, surtout là où on ne l’attend pas. Mais aussi jouer avec le regard du passant, transformer un mur simple en récit.
Les trompe-l’œil street art les plus impressionnants
- Le trompe-l’œil street art en trois techniques
- Les Falaises du Trocadéro par JR (Paris, France)
- Renaissance par Patrick Commecy (Le Puy-en-Velay, France)
- La série Prisoners de Dan Witz (États-Unis et international)
- The Mind is the Beast (Me, Myself and I) par Juandrés Vera (Dresde, Allemagne)
- La fresque Hip Hop de STRØK rue de la Glacière (Paris XIIIe, France)
- Knowledge speaks, Wisdom listens par Wild Drawing (Athènes, Grèce)
- Lost World de Kurt Wenner (États-Unis)
- La Crevasse par Edgar Müller (Dun Laoghaire, Irlande)
Le trompe-l’œil street art en trois techniques
Il existe ainsi trois techniques de trompe-l’œil :
- L’anamorphose : l’œuvre ne se révèle entièrement que depuis un point de vue précis, ce qui invite le passant à se déplacer pour saisir l’illusion.
- Le réalisme : forme historique du trompe-l’œil, il s’agit de faire croire à un élément réel (fausse fenêtre, personnage à un balcon, scène de rue).
- L’illusion d’optique : elle joue sur la perspective, les ombres portées ou la déformation du regard pour bousculer la perception du spectateur, sans chercher à imiter la réalité.
Voici alors notre sélection de huit œuvres qui ont joué avec notre regard dans la rue, en France comme à l’international.
Les Falaises du Trocadéro par JR (Paris, France)
Entre le 17 mai et le 19 juin 2021, le street artist JR installait sur le Parvis des Droits de l’Homme un grand trompe-l’œil. Celui-ci donnait l’illusion que la Tour Eiffel était perchée au bord d’un précipice rocheux. Réalisée en collages photographiques et fondée sur la technique de l’anamorphose, seul un angle de vue très précis permettait de voir l’œuvre telle qu’elle a été pensée par l’artiste.
- Localisation : Parvis des Droits de l’Homme, Paris XVIe, France
- Artiste : JR
- Année : 2021
- Particularité : grande anamorphose en collage photographique
Renaissance par Patrick Commecy (Le Puy-en-Velay, France)
Réalisée en mai 2012 par l’atelier A-Fresco, cette fresque met en scène les Fêtes de la Renaissance du Puy-en-Velay, événement annuel où les habitants en costume d’époque animent les rues. Patrick Commecy y rassemble aussi les emblèmes du Velay : la dentelle, la verveine, mais également des spécialités moins connues comme les sabots de bois ou la fauconnerie. La ville étant classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi qu’une étape majeure du chemin de Compostelle, l’œuvre fonctionne comme une carte d’identité visuelle du territoire.
- Localisation : 25 rue du Faubourg Saint-Jean, Le Puy-en-Velay, Haute-Loire
- Artiste : Patrick Commecy (atelier A. Fresco)
- Année : 2012
- Particularité : trompe-l’œil comme portrait visuel de la ville à travers ses fêtes et ses spécialités locales
La série Prisoners de Dan Witz (États-Unis et international)
Lancée en 2012 en collaboration avec Amnesty International, la série « Prisoners » de Dan Witz représentait sur les murs de petites peintures hyperréalistes illustrant des mains et des visages enfermés derrière de fausses grilles. Disséminées à New York, Londres, Francfort, mais aussi à Vienne et Los Angeles, ces œuvres dénonçaient la détention illégale en jouant sur l’effet de surprise.
- Localisations : New York, Londres, Francfort, Vienne, Los Angeles
- Artiste : Dan Witz
- Années : 2012 – 2015
- Particularité : trompe-l’œil engagé en collaboration avec Amnesty International
The Mind is the Beast (Me, Myself and I) par Juandrés Vera (Dresde, Allemagne)
Réalisée en 2016 pour l’exposition Magic City à Dresde, cette œuvre du Mexicain Juandrés Vera est un autoportrait monumental en anamorphose. L’artiste se représente sortant d’un cadre doré baroque, en train de peindre. Au pied de la fresque, une seconde figure peinte représente également l’artiste semblant achever l’œuvre, créant une mise en abyme sur le geste artistique.
- Localisation : Magic City, Dresde, Allemagne
- Artiste : Juandrés Vera
- Année : 2016
- À retenir : autoportrait, anamorphose, mise-en-abyme
À lire aussi : Trompe l’oeil mural : réalisations, mode d’emploi et budget
La fresque Hip Hop de STRØK rue de la Glacière (Paris XIIIe, France)
En mai 2016, l’artiste norvégien Anders Gjennestad (alias STRØK) représentait, sur le pignon du 20 rue de la Glacière, quatre danseurs de hip-hop peints au pochoir sur 25 mètres de hauteur. Semblant être suspendus dans le vide, chaque danseur a l’air de jouer avec son ombre. L’artiste s’est ici amusé à faire pivoter les personnages de 45° pour perturber le spectateur. Pari réussi !
- Localisation : 20 rue de la Glacière, Paris XIIIe, France
- Artiste : Anders Gjennestad (STRØK)
- Année : 2016
- Particularité : pochoir avec ombres portées et perspective inversée sur façade
Knowledge speaks, Wisdom listens par Wild Drawing (Athènes, Grèce)
Originaire de Bali et installé à Athènes, l’artiste connu sous le pseudonyme WD (Wild Drawing) y a signé l’une de ses œuvres les plus iconiques en octobre 2016. Il s’agit d’un hibou peint à l’angle des rues Samou et Palaiologou, dans le quartier de Metaxourgeio. Intitulée Knowledge speaks, Wisdom listens d’après une citation de Jimi Hendrix, la fresque convoque l’oiseau symbole de la déesse Athéna et de la sagesse, dans un appel à la lucidité au cœur de la crise grecque. La fresque se présente alors comme une illusion d’optique au sens large.
- Localisation : angle Samou / Konstantinou Palaiologou, Metaxourgeio, Athènes, Grèce
- Artiste : Wild Drawing (WD)
- Année : 2016
- Particularité : hyperréalisme monumental à l’angle de deux façades, qui transforme l’oiseau de la sagesse d’Athéna en présence urbaine
Lost World de Kurt Wenner (États-Unis)
Ancien illustrateur scientifique à la NASA, l’Américain Kurt Wenner est considéré comme l’un des pères du trompe-l’œil 3D au sol depuis les années 1980. Il dévoile en 2019 au Chalk Festival de Floride son œuvre Lost World – A New Kind Of Illusion, une fresque immersive, centrée sur un mégalodon géant rappelant l’ère du Pléistocène. Afin de saisir l’illusion en entier, les visiteurs étaient invités à monter sur une plateforme de plus de 5 mètres de haut, où une caméra capturait des photos panoramiques les intégrant à la scène.
- Localisation : Chalk Festival, Floride, États-Unis
- Artiste : Kurt Wenner
- Année : 2019
- Particularité : illusion géante avec mégalodon, conçue pour la photographie depuis une plateforme surélevée
La Crevasse par Edgar Müller (Dun Laoghaire, Irlande)
L’Allemand Edgar Müller est également l’un des grands noms du trompe-l’œil 3D au sol, s’inscrivant dans la lignée de Kurt Wenner. En août 2008, à l’occasion du Festival of World Culture, il transforme une portion du port de Dun Laoghaire en The Crevasse. Il s’agit d’une cavité glaciaire géante qui semble s’ouvrir sous les pieds des passants. L’œuvre, peinte à l’acrylique sur 250 m², a vu certains visiteurs reculer instinctivement, persuadés de pouvoir y tomber. Ainsi, on remarque que l’illusion fait son effet.
- Localisation : East Pier, Dun Laoghaire, Irlande
- Artiste : Edgar Müller
- Année : 2008
- Particularité : crevasse glaciaire de 250 m², impression de tomber dedans
De Paris à Dresde en passant par New York ou encore Athènes, ces œuvres prouvent qu’un simple mur ou un trottoir peut devenir une scène, un récit, parfois même un manifeste, dès lors qu’un artiste choisit d’y tromper le regard. Chez PALM, c’est cette capacité de l’art à transformer le regard et à réenchanter l’espace public que nous cherchons à prolonger, projet après projet.
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