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Fresques et personnages historiques : quand les murs racontent l’histoire

Certaines figures ont marqué l’histoire au point de dépasser les livres, les statues et les monuments. Elles habitent désormais les murs. De Johannesburg à Naples, de Minneapolis à Mexico, les artistes du monde entier ont transformé des façades en hommages monumentaux à des femmes et des hommes qui ont changé le monde. Voici notre sélection des fresques les plus marquantes de personnages ayant marqué l’histoire.

We Love NY², Kobra, New-York, Octobre 2018 © street-art

Nelson Mandela par Shepard Fairey – Johannesburg, Afrique du Sud

Sur Juta Street à Johannesburg, Shepard Fairey a peint en septembre 2014 une fresque sur dix étages en hommage à Nelson Mandela. Elle fut réalisée à l’occasion du 25e anniversaire de la Purple Rain Protest de 1989. L’œuvre surplombe le Nelson Mandela Bridge. Elle a été comparée notamment à l’affiche Hope que Fairey avait créée pour Barack Obama en 2008. Un portrait qui allie ainsi force politique et signature graphique de l’artiste américain.

Fresque « The Purple Shall Govern », Shepard Fairey, Johannesburg (Afrique du Sud), 2014 © Shepard Fairey / Obey Giant

Frida Kahlo par Campos Jesses – Buenos Aires, Argentine

Le nombre de portraits de la peintre mexicaine dans le street art est saisissant. À Buenos Aires, notamment, dans le quartier de Palermo, une fresque de Campos Jesses la représente avec ses attributs iconiques : les fleurs, les sourcils épais, le regard direct. Une œuvre qui incarne la résistance, la féminité et l’identité mexicaine dans toute leur complexité.

Fresque Frida Kahlo, Palermo, Buenos Aires, 2015 © Buenos Aires Street Art

Che Guevara – La Havane, Cuba

L’image de Che Guevara, figure de la révolution cubaine, est présente partout dans le monde. En graffiti à Bethléem, portée dans des manifestations de la Palestine au Mexique, utilisée par des artistes comme Pedro Meyer ou Annie Leibovitz. Elle a servi notamment à représenter des causes telles que l’anti-américanisme, la rébellion adolescente et l’identité latino-américaine. Révolutionnaire marxiste devenu icône de la contre-culture mondiale, Che Guevara est un des personnages historiques les plus représentés en street art. Sa silhouette au béret noir est reconnaissable sur tous les continents, notamment en Amérique du Sud, à Cuba.

Fresque Che Guevara, La Havane (Cuba) © lookphotos / robertharding

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Martin Luther King – États-Unis et dans le monde

Le pasteur et militant américain figure parmi les personnages historiques les plus représentés sur les murs du monde. À Atlanta, ville qui l’a vu naître, ou dans d’autres villes américaines telles que Richmond, plusieurs fresques murales lui rendent hommage dans les quartiers historiquement afro-américains. Sa citation « I have a dream » accompagne souvent ces œuvres, transformant chaque mur en manifeste pour l’égalité et la justice sociale.

Fresque Martin Luther King Jr., Deontā Allen, King Elementary School, Richmond (Californie), 2024 © Kelly Sullivan / Richmondside

George Floyd – Minneapolis et dans le monde

Après le meurtre de George Floyd le 25 mai 2020, environ 2 700 œuvres de street art ont été créées dans le monde en réponse à sa mort, selon la George Floyd and Anti-Racist Street Art Database.

À Minneapolis, au coin de la 38e rue et de l’avenue Chicago, notamment rebaptisée George Floyd Square, une fresque colorée représentant Floyd devant un tournesol jaune est devenue le symbole de l’insurrection. Peinte par Cadex Herrera, Xena Goldman et Greta McLain, elle est le lieu de recueillement de milliers de personnes depuis sa réalisation.

De même, à Naples, l’artiste Jorit a représenté George Floyd entouré de Martin Luther King, Malcolm X, Lénine et Angela Davis. Les larmes rouges remplacent les symboles tribaux habituellement utilisés par l’artiste. Il s’agit ainsi d’un symbole d’appartenance à l’humanité et un manifeste contre le racisme.

Rosa Parks – Paris

Rue d’Aubervilliers, à la croisée des 18e et 19e arrondissements, « Rosa Parks fait le mur » devient alors en 2015 la plus longue fresque de street art de Paris. Près de 500 mètres s’étendent sur un mur de la SNCF. L’œuvre naît d’un travail collaboratif avec les habitants : ateliers, rencontres, débats sur la citoyenneté et la figure de Rosa Parks. Cinq artistes y participent : Kashink, Zepha, Katjastroph, Bastardilla et Tatyana Fazlalizadeh. Un mur entier devenu manifeste pour l’égalité et la mémoire collective.

Fresque « Rosa Parks fait le mur », Ernesto Novo, Paris 18e, 2015 © Lionel Gripon / trompe-l-oeil.info

Gandhi et Mère Teresa par Eduardo Kobra – New York

À l’angle de 18th Street et de 10th Avenue, Chelsea, le Brésilien Eduardo Kobra a peint une fresque de trois étages. Celle-ci représente les profils de Mère Teresa et Gandhi, face à face, en hommage à leur rôle parmi les plus grands humanitaires du monde.

Fresque Mother Teresa, Eduardo Kobra, Chelsea, New York, 2018 © Yves Luthin

Ce que ces fresques ont en commun

Qu’elles honorent des révolutionnaires, des militants ou des victimes, ces fresques partagent une même conviction : certaines histoires sont trop importantes pour rester dans les musées. Elles appartiennent à la rue, aux habitants, à ceux qui passent devant chaque matin. Chez PALM, c’est ce que nous proposons aux collectivités et aux entreprises qui souhaitent ancrer une mémoire, une valeur ou une identité dans l’espace urbain.

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