L’art mural explore de nouvelles dimensions. L’ajout d’éléments en bois peints à une fresque est une approche qui séduit de plus en plus d’artistes. Ces œuvres jouent sur une double lecture : une première appréciation en deux dimensions, où la peinture capte l’attention. Puis, une immersion dans les reliefs et les motifs sculptés. Le mur cesse d’être une surface plane, il devient un espace habité.
Qu’est-ce qu’une fresque avec éléments en bois ?
C’est une fresque où des structures en bois sont intégrées dans la composition. Les motifs peints sur le mur se prolongent sur le bois, brouillant la frontière entre peinture et sculpture.
Les volumes en bois ajoutent une profondeur et permettent d’interagir avec la lumière et les ombres. Cela crée alors une lecture différente selon l’angle d’observation et le moment de la journée.
Pourquoi cette approche captive-t-elle autant ?
- Une double lecture visuelle : À distance, le spectateur perçoit une composition murale homogène. En s’approchant, il découvre les détails des reliefs, les textures du bois et la complexité de l’œuvre. Cette progression dans la lecture crée une expérience où l’œuvre se révèle progressivement, ne se donnant pas d’un seul coup.
- Un jeu unique avec la lumière : Les éléments en bois projettent des ombres qui évoluent au fil de la journée, offrant une fresque en perpétuel mouvement. La lumière naturelle ou artificielle devient ainsi une composante à part entière de l’œuvre. L’artiste ne peint pas seulement, il compose aussi avec le temps.
- Un dialogue entre tradition et modernité : La peinture murale ancre l’œuvre dans une longue tradition artistique, tandis que le bois, matériau naturel et chaleureux, apporte une dimension contemporaine et une sensibilité écologique de plus en plus recherchées.
- Une connexion émotionnelle renforcée : Les reliefs en bois donnent envie de toucher, d’interagir. Ils créent un lien physique entre l’œuvre et le spectateur.
Des artistes qui repoussent les limites du mur
Plusieurs artistes contemporains explorent cette frontière entre fresque et sculpture avec des approches très différentes. Par exemple, les artistes Ellen Rutt, Studio Proba ou encore Spencer Harrison jouent sur des compositions géométriques et colorées où le bois structure le motif. Ils poussent le volume jusqu’à transformer la surface murale en véritable relief sculptural.
(Re)donner vie aux espaces publics et (ré)enchanter la ville
Certains projets vont encore plus loin qu’une fresque en mêlant sculpture, mobilier et installation immersive. C’est notamment le cas de l’installation du duo new-yorkais Craig & Karl dans le jardin urbain Sai Lau Kok à Hong Kong : sculptures, mobilier, manège et éclairages composent un environnement entièrement peint en graphisme géométrique coloré. « L’élément de surprise est l’une des choses que nous aimons dans la création d’œuvres pour les espaces publics. Rencontrer quelque chose dans un contexte inattendu peut le rendre très puissant », expliquent les deux artistes. Une œuvre qui montre à quel point le volume, dans l’espace public, transforme non seulement un lieu mais aussi l’expérience que les habitants en ont.

Une fresque à Villiers-le-Bel signée PALM
À Villiers-le-Bel, la ville a commandé une fresque à PALM avec l’appui de Grand Paris Aménagement. L’artiste Mapecoo y a réalisé une fresque où des éléments en bois peints viennent s’y greffer, donnant du relief et de la profondeur à la composition. Les deux enfants sont en relief par rapport au reste de la fresque et semblent ainsi habiter réellement l’espace, à mi-chemin entre la peinture et la sculpture. Une façon de prolonger, dans la matière même de l’œuvre, l’esprit participatif et vivant du projet mené avec les enfants de la ville.
Au cœur de la fresque, une fillette et un garçon aux traits métissés jouent à un jeu de mains. Ce jeu a été choisi par les enfants – lors des ateliers participatifs – comme étant leur jeu préféré. L’artiste a souhaité leur donner des traits qui reflètent la diversité de Villiers-le-Bel : une richesse envisagée comme un symbole de rencontre et d’ouverture.
Leurs regards fixent le passant, comme une invitation à entrer dans la scène. Sur l’épaule de la fillette se pose Le Clerin, une petite créature imaginée par l’un des groupes d’enfants lors des ateliers, censée rendre les gens joyeux. Un projet qui ne raconte pas seulement une histoire mais qui la fait sortir du mur, comme l’imaginaire des enfants qui l’ont inspirée.
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